par Théo Perouze - le 08/06/2024
Grand Prix du Canada : Verstappen s'impose devant Norris, piégé derrière la voiture de sécurité
Dans des conditions météorologiques changeantes, Max Verstappen tire son épingle du jeu et inscrit sa 3e victoire consécutive sur le circuit Gilles Villeneuve de Montréal. Norris 2e, se fait piéger par le scénario qui lui a offert sa première victoire en catégorie reine quelques semaine plus tôt.
Sur une piste humide, Russell conserve la tête du Grand Prix au départ et tente de créer un écart sur Verstappen tandis que Ricciardo, auteur d’une impressionnante 5e position en qualification réalise un faux-départ et sera pénalisé de 5 secondes pour cette action.
Plus loin dans le peloton, Perez heurte Gasly dans la sortie du 2e virage. Le normand part alors en tête-à-queue.
Chez Ferrari, la désillusion début des les qualifications lorsqu’aucune des deux voitures rouges ne parvient à atteindre la Q3 et se qualifient donc 11e et 12e. Dès le premier virage, Sainz perd plusieurs places tandis que Leclerc est rapidement touché par un dysfonctionnement moteur. Cette panne impacte fortement le monégasque qui perd une demie seconde sur ses adversaires dans les lignes droites.
« C’était impossible de dépasser avec ce problème. »
CHARLES LECLERC
Tandis que l’ensemble du peloton s’est élancé en pneus intermédiaires, les deux Haas prennent le départ en pneus pluie. Dans les premiers tours, le résultat est sans appel, les deux pilotes gagnent beaucoup de places. Cependant, lorsque la piste s’assèche due au passage des 20 monoplaces, les pneus utilisés par les pilotes de l’écurie américaine deviennent obsolètes. Au 8e tour, Magnussen est appelé dans la voie des stands pour troquer ses pneus pluies contre des intermédiaires. L’avantage gagné par le pilote danois est réduit en poussière suite à un arrêt de presque 9 secondes et ressortira 13e. Son coéquipier suit le mouvement au 13e tour et reprend la course en 19e position.

Dans le 6e tour de course, Logan Sargeant sort de la piste au 6e virage après avoir commis une erreur. L’Américain reprend la course, en dernière position.
Rapidement, un écart se marque entre les deux hommes de tête qui se passent le relais des tours le plus rapide et Lando Norris, alors 3e et distancé de plus de 8 secondes sur Verstappen.
En quelques tours et sur un rythme bien supérieur aux leaders de la course, Norris réduit cet écart et profite d’une erreur de Verstappen premier virage pour le combler totalement. Le Britannique peine tout de même à dépasser le champion du monde en titre dans ces conditions, car seule une ligne sèche se dessine sur la piste, ainsi chaque tentative de dépassement est très risquée.

Le pilote McLaren démontre l’étendue de son talent en dépassant Verstappen dans le tour 20. À peine passé sur le champion du monde, Norris s’attaque à Russell dans le tour 21 afin de prendre les commandes du Grand Prix.
Ayant été contraint de court-circuiter la chicane ralliant la ligne droite de départ, Russell est immédiatement dépassé par Verstappen qui sort du dernier virage avec une meilleure traction.
L’avance de 11 secondes acquise sur Verstappen par Norris grâce à un rythme de course fulgurant est réduite à néant après la sortie de piste de Sargeant au tour 25. Une fois de plus, une fois de trop, l’Américain commet une erreur au volant de sa Williams ce qui déclenche une voiture de sécurité et chamboule alors toutes les stratégies.

Verstappen, Russell, Piastri, Alonso, Hamilton Stroll et Albon profitent de cet incident pour passer par les stands et chausser de nouveaux pneus intermédiaires. Leader de la course, Norris ne s’arrête pas aux stands, mais se trouve freiné par la voiture de sécurité déjà présente sur la piste. Le Britannique se trouve pris au piège d’un phénomène lui ayant permis d’obtenir sa première victoire en catégorie reine lors du Grand Prix de Miami. Aujourd’hui, les rôles s’inversent et le grand bénéficiaire de cette situation est Verstappen désormais chaussé de gommes neuves. Le pilote McLaren s’arrête au tour 26 et ressort devant son coéquipier, en 3e positon. La voiture de sécurité s’efface au tour 29 et Verstappen se charge de relancer le peloton.
« C’était un peu le chaos, j’ai le sentiment d’avoir très bien piloté mais la voiture de sécurité m’a un peu mis sur la touche. »
LANDO NORRIS
Entre les ex-coéquipiers Hamilton et Alonso, une bataille pour le gain de la 5e position dure depuis les premiers instants de ce Grand Prix.
Cette lutte durera plusieurs tours au cours desquels le Britannique ne parviendra pas à trouver la faille sur le double champion du monde. L’affrontement prendra fin dans la voie des stands au 25e tour lorsque le septuple champion du monde ressort plus rapidement que le pilote Aston Martin.
Chez les rouges le désastre continue lorsque Leclerc rentre aux stands au 29e tour pour chausser des pneus durs alors que la pluie commence à frapper de nouveau le circuit Gilles Villeneuve. Le monégasque effectuera un nouvel arrêt 2 tours plus tard en raison des secondes perdues par poignées sur le reste du peloton puis finira par abandonner au 43e tour.
Tandis que Russel passe aux stands pour chausser des gommes médium au tour 46, suivi par Verstappen le tour suivant, Norris reste en piste et souhaite profiter d’une piste libre et d’un rythme supérieur à ses concurrents du top 3. Alors que le pilote McLaren réalise son passage aux stands au tour suivant, ce tour de plus s’apparente au tour de trop lorsque le Britannique ressort derrière Verstappen en 2e position.
Avec des pneus froids, Norris peine à défendre sur Russell ayant déjà monté ses gommes en températures. Dans le tour 49, le pilote Mercedes prend le meilleur sur son compatriote pour le gain de la 2e position. Deux tours plus tard, Russell commet une erreur dans le tour 51 ce qui permet à Norris de passer.
Qualifié 16e et anonyme durant l’ensemble de la course à l’exception d’un contact dans les premiers virages avec Gasly, Pérez part en tête à queue dans le virage 6 au tour 52 et détruit son aileron arrière. Ne souhaitant pas provoquer une voiture de sécurité, le Mexicain rentre au pas dans la voie des stands et abandonne.
Après avoir endommagé son aileron dans un contact avec Zhou plus tôt dans la course, dans le tour 54, une erreur de pilotage de Sainz le conduit dans une partie de gazon, cependant le pilote espagnol laisse rouler sa monoplace en marche arrière. À pleine vitesse, Albon ne peut éviter la Ferrari et l’accroche. Le Thaïlandais abandonne tandis que Sainz conduit sa SF-24 dans son stand pour se retirer également de la course.
Cet incident conduit la direction de course à déployer une nouvelle voiture de sécurité ce qui permet aux deux Mercedes de s’arrêter pour chausser de nouvelles gommes médium.
4 tours après la relance de course, dans le tour 63, Russell tente de dépasser Piastri alors 3e, mais l’Australien défend sa position et contraint donc le pilote Mercedes à court-circuiter la dernière chicane. En embuscade derrière cette lutte, Hamilton profite de l’écart de son coéquipier pour le dépasser et récupérer la 4e position.
« J’ai l’impression d’avoir raté une opportunité. »
GEORGE RUSSELL
Piastri ne résistera pas longtemps au septuple champion du monde qui le passe dans le tour 65 pour le gain de la 3e position. Le pilote McLaren sera aussi passé par Russell deux tours plus tard.
Dans les derniers tours de course, les ingénieurs des pilotes Mercedes indiquent que la bataille est autorisée entre les pilotes. Russell entend donc de bonne oreille cette indication et dépasse son coéquipier dans le 68e tour, lui permettant alors de monter sur la troisième marche du podium.
Au terme des 70 tours qui composent ce Grand Prix, Verstappen s’impose et accroche sa 6e victoire de la saison, sa 60e en carrière. En embuscade derrière le Néerlandais, Norris obtient une 2e position tandis que Russell doit se contenter de la 3e place.
« Ce n'était pas facile, mais on l’a fait. J’ai adoré cette course et il en faudrait plus souvent de ce genre. »
MAX VERSTAPPEN




